Borj Dehesa, bordj Um-lisaba Dehesa est un mot d'origine arabe qui signifie domaine foncier et forestier. Un domaine boisé utilisé pour l'élevage et l'entretien du bétail en plus de l'agriculture traditionnelle et les produits forestiers comme le gibier, champignons, bois, etc. La dehesa est un un écosystème forestier comprenant des espèces d'arbres comme le chêne, le hêtre et le pin des arbres et des plantes herbacées à la pâture. Une des importantes dehesa sur trouve à l'est d'Algérie où est établi Arch Chegrouche depuis des siècles. Plus précisément entre la plaine de Morsott et le plateau de Boukhadra.



Tombeau de Sidi Yahia à El Méridj
Boukhadra est dans les chants populaires chaoui, chanté par la très célèbre Beggar Hadda ou Hadda El Khancha " Ya Djebel Boukhadra, Jak italian Taha Hajek, ah ya khadama lalcom bi khedma!" Une chanson qui glorifie une grève contre la misère des travailleurs chaouis dont Jean Jaurès a fait l'écho.




"La célébre chanteuse Beggar Hadda mourût mendiante et moitié folle, dans la rue a Annaba. La commémoration de sa fin tragique nous rappelle la précarité du métier d'artiste qu'on peut mesurer chez nous à l'aune de l'ingratitude des responsables car chacun sait que la grande dame de la chanson bédouine avait contribué en son temps à la fondation de ce pays dont elle a admirablement chanté et accompagné le geste nationale.

Mais à la réflexion cette évocation n'aura pas pour but d'accabler davantage ceux qui sont censés veiller sur le statut de l'artiste puisque le cas symptomatique de Beggar Hadda refléte on ne peut mieux l'état de déperdition dans lequel se trouve la culture d'une manière générale dans notre société, aussi c'est l'Algérie entière qui devrait avoir honte, aujourd'hui, de la manière dont s'est éteinte son étoile.
Intéressons-nous d'abord a cette diva du bédouin qui a incarné la femme rurale et le douar (terroir), son lieu d'inspiration. Son riche répertoire regorge de subtilités et d'une grande sagesse paysanne. Mais parfois sa voix nasillarde rend cet art sans artifice complètement inintelligible. La première écoute surprend souvent par le timbre spéciale de la voix et la simplicité des paroles. Mais cette altération notoire d'el KHENCHA est loin de constituer un quelconque handicape pour les initiés. Au contraire ces derniers y décèlent un charme irrésistible. Puis si on y prête plus l'oreille, on perçoit alors une pointe de lyrisme, de la poésie et beaucoup de "vécu", le dialecte et l'accent de Beggar Hadda renvoient à l'extrême est du pays où naquit la cantatrice un 1er juin 1921 à DREAN dans la willaya de Souk-Ahras. Son particularisme tient du fait que sa contrée d'origine a longtemps été le théâtre d'atroces combats contre le colonialisme et qu'elle était durant la guerre de Libération elle-même l'égérie des troupes de la fameuse base de l'Est stationées aux confins de l'Algérie où Beggar Hadda venait défendre des valeurs qui galvaniseront à jamais des milliers de soldats de L'ALN. Elle ne chantera pas uniquement les faits d'armes et l'héroisme des djounouds mais elle pleurera aussi souvent les pertes et les malheurs. YA DJOUNDI KHOUYA et DAMOU SAYEH MABINE EL OUYDENE, resteront des chants patriotiques qui décrivent la dure réalité du maquis et qui suggèrent la loyauté et le sacrifice suprême des chouhada. Dans le registre sentimental Beggar Hadda chantera merveilleusement l'amour dans une langue métaphorique à faire pâlir tous les crooners de la planète. Jugez-en par ce court extrait dans lequel ce petit bout de femme ( qui etait en fait une femme et demie) se disait capable, pour assouvir son désir de réduire une montagne en poussières ! YA EL KEF EL AALI TOUATA : WELLAH DDAK KHATINNI N CHOUFE HBIBI OU NAOUEDE N ROUDEKE intime -t-elle a un éminent sommet, l 'ordre de s'incliner pour lui permettre
de voir enfin son bien aimé."

Le Matin, 5 novembre 2002
MOHAMED -CHRIF LACHICHI
lematin-dz.com

Beggar Hadda (Hadda El Khencha)


Née le 21 janvier 1920 chez les béni Barbar, dans les environs de Souk Ahras, elle fut l'une des premières femmes à chanter pour les femmes et pour les hommes à la différence des chanteuses des villes d'avant l'indépendance qui possédaient des orchestres strictement féminins.

Cette chanteuse qui fit les campagnes et les principales villes algériennes avait eu un destin particulier dans le sens qu'elle était stérile et divorcée par deux fois. Mariée à un homme âgé sans son consentement à l'âge de 12 ans, par sa mère, elle même chanteuse, elle s'enfuit du foyer conjugal pour mener une vie aventureuse en animant les fêtes familiales jusqu'à ce qu'elle rencontre, à l'âge de 20 ans, l'homme qui allait bouleverser sa vie: son flûtiste et son futur époux, Brahim Bendabêche, qu'elle vit, pour la première fois, à la fin d'une fête de mariage près d'El Mechrouha. Beggar Hadda qui resta longtemps un mystère parce qu'elle refusa de voir sa photo sur les pochettes de ses disques, avait fait ses débuts avec les Guessabas de Boukebche.

Après une carrière de plus de 50 ans, ignorée par la presse et la télévision, jusqu'en 1990, elle s'installa définitivement à Annaba. Celle qui s'est imposée comme la continuatrice du grand Djarmouni fera une dernière apparition en 1992 au cours de l'émission d'Abdelkrim Sekkar, Bonsoir Culture.

Elle a chanté la vie, l'amour et ces peines; Beggar Hadda est connue par sa célèbre chanson ya baba sidi.


Source : Wikipedia





















"On sait que le gouverneur général de l'Algérie, afin de compléter le caractère ethnographique et pittoresque de sa belle exposition du parc de la Tête-d'Or, a lui-même organisé et envoyé à Lyon une caravane installée sous deux tentes, à la suite du pavillon de l'Afrique Occidentale.
Cette caravane composée de vingt arabes de l'Extrême-Sud et de la tribu des Ouled-Sidi-Yahia-ben-Taleb, possède huit chameaux, dont un méhari blanc, chameau de guerre du pays Touareg et coureur du désert.
Afin de parfaire le côté très couleur locale de cette exhibition saharienne, nos braves arabes organisent en ce moment une tente-restaurant, où il ne sera offert que de la cuisine indigène : couscouss, méchoin (sic), etc... et où on ne dégustera que des vins algériens pour ceux qui ne sont pas adeptes du Prophète.
Cette innovation achève de compléter la reproduction de la vie désertique en plein parc de la Tête-d'Or et n'est pas un des moindres attraits de l'Exposition.
L'habile crayon de notre collaborateur M. Girrane, a reproduit pour nos lecteurs un des chameaux de cette curieuse caravane, portant une jolie Lyonnaise. Rien n'est amusant comme le contraste de cette moderne et foufroutante petite femme avec ce véhicule saharien."

in Le Progrès illustré, 24 juin 1894, page 8.

"On note aussi la présence d'une caravane algérienne de 20 personnes recrutées à Morsott dans l'extrême-sud, cornaquée par un attaché au gouvernement général d'Alger nommé Depont avec huit chameaux (dont un méhari blanc) et deux chefs de tente."